Une croisière sur un ferry, quatre jours sur les canaux de Patagonie

Jour 1

Après un check in rapide dans un hôtel de la ville, nous sommes heureux de quitter Puerto Montt où les manifestations sont virulentes et quotidiennes. Les rues sentent la bombe lacrymogène, nous avons les yeux qui piquent, la gorge qui brûle et tous les commerces sont barricadés.

Le ferry Evangelistas de la compagnie Navimag a 5 niveaux. Les deux du bas, pour les véhicules et le chargement, sont inaccessibles. Les trois du haut sont consacrés la vie à bord: cabines, dortoirs, sanitaires, cafétéria, pub, avec de grandes ouvertures panoramiques. Des ponts et passerelles, gaillard avant et plateforme arrière permettent de circuler dehors et d’admirer les paysages grandioses qui défilent.

Nous avons des billets au tarif minimum de 450$,  deux lits superposés et la chance nous offre … un hublot! La cabine double coûte jusqu’à 1000 $ …

L’installation est rapide et nous partons visiter ce gros ferry de 123 mètres. Il peut embarquer jusqu’à 270 passagers et nous ne sommes que 89 clients. Rustique et confortable à la fois, il va nous transporter sur 900 miles nautiques, 1700 km à travers les canaux parfois étroits de Patagonie. Le passage le plus étroit mesure 80 mètres. Le ferry sort une fois des canaux, pour une nuit, afin de rejoindre le Pacifique, bien plus remuant qu’un canal.

Le chargement du ferry est interminable : des camions, des voitures, des motos, des engins de chantier, des matériaux, des caisses et 3 chevaux serrés dans un container…Le tout est minutieusement placé et solidement sanglé.

Enfin, après des heures d’attente, à 20h (4 heures de retard!) nous appareillons. La navigation se fait à 12-13 noeuds.

Le capitaine nous a prévenu: la météo en Patagonie est extrêmement changeante, nous aurons du vent, de la pluie, de la neige et du soleil!

Jour 2

La vie à bord s’installe paisiblement. Nous sommes à bord sans aucun réseau, ni téléphonique ni internet. Les repas, les sorties sur le pont, les rencontres avec les autres passagers, les annonces du Capitaine, les conférences sur la Patagonie ou encore les cours de yoga rythment nos journées. Les canaux ont rétréci, nous circulons désormais entre deux façades de montagnes. La sortie vers le Pacifique se ressent: enfin, nous nous sentons sur l’eau!

La nuit est donc bercée par un roulis agréable.


Jour 3

La route nous fait passer à proximité d’une épave magnifique, qui est posée sur deux autres épaves, sur un haut-fond. Le Capitaine, après avoir parcouru les océans, navigue sur ces canaux depuis 20 ans. Il les connaît par cœur, mais cela ne change rien à sa concentration.

Nous stoppons sans escale à Puerto Eden , minuscule port du bout du monde de moins de 100 habitants , où il pleut 365 jours par an!

Une annonce du Capitaine fait réagir tous les passagers : nous allons traverser une zone de glaçons à proximité de glaciers. Concentration maximale dans la timonerie.



Jour 4

Le froid est saisissant. Nous avons dépassé les 50 degrés sud…La météo varie radicalement en quelques minutes. 

La route nous fait emprunter un passage étroit où le courant est puissant. Le goulet est passé à 12 noeuds , peu de temps pour prendre des photos…

Nous arrivons après le déjeuner aux environs de Puerto Natales, mais un autre navire occupe l’unique emplacement du port. Nous ne pourrons pas débarquer de suite.

Les passagers ayant un véhicule à bord vont peut-être même dormir une nuit de plus ici.

Après des heures d’attente, une vedette est venu nous chercher. Elle nous débarque à Puerto Natales. C’est le moment des au revoir rapides.

Demain, avec Dominique et Marie, français rencontrés à bord, nous partons découvrir un sentier du parc national Torres del Paine.

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